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Philippe HORTALA "les fraises" - lithographie sans titre

Philippe Hortala : les fraises - lithographie

Par AGNES AFFRE, publié le mardi 23 mai 2017 11:31 - Mis à jour le mardi 23 mai 2017 11:41

Philippe Hortala

Par AGNES MAURELPublié le 23 mai 2017 à 11:24

Article de presse - Extrait Dépêche du Midi

Du 5 octobre 1998

Philippe Hortala -

Flamboyant et tragique

Il est du Sud. Flamboyant et tragique. Philippe Hortala épuise sa vie pour faire la seule chose qui l'intéresse vraiment : peindre. Il peint des gâteaux, des poulpes et des langoustes, des fraises ou des potirons. Et chacun peut chercher, et trouver, dans l'histoire personnelle du peintre, l'origine de ces motifs. C'est un jeu de piste amusant, tendre et inquiétant, mais au final, assez anecdotique. Car ce qui préoccupe Philippe Hortala, c'est uniquement la peinture, ce qu'elle raconte du monde et non ce qu'elle représente.

A Barcelone où il s'installe avec Marie, tout juste diplômé de l'école des Beaux-Arts de Toulouse, il peint la ville bruyante, odorante, avec jubilation : l'heure de la sieste, les reliefs du repas oubliés sous une cage d'oiseau suspendue à la fenêtre ouverte, le po C'est désormais sur cette dichotomie que se construit l' oeuvre de Philippe Hortala.

Philippe Hortala dédie à Naples une série d'immenses collages solaires, inoubliables. C'est à Naples encore qu'il découvre un fragment de mosaïque d'époque romaine représentant un combat marin, celui d'un poulpe et d'une langouste.

Philippe Hortala y trouve là une scène fondatrice.

Il lit alors avidement Pline, Aristote, Plutarque et Empédocle. Arpente les musées, part en Tunisie examiner d'autres mosaïques sous-marines. L'affrontement du poulpe et de la langouste, c'est la scène primitive, la lutte du faible et du fort, celle du féminin et du masculin. Et pour lui, qui aimait tant le petit tableau de Courbet, ce combat des profondeurs, c'est son «origine du monde» et désormais une figure métaphorique puissante.

Philippe Hortala peint à cette époque quelques-uns de ses plus beaux tableaux, profonds, violents, désespérés et tellement lumineux. Une partie de ce travail sera exposée, au musée de l'Abbaye-SainteCroix aux Sables-d'Olonne.

Ces dernières années, le peintre se joue de lui-même.

Et Philippe Hortala, dont le nom signifie jardinier en catalan, a choisi d'explorer le potager. Le musée Denys-Puech à Rodez a rendu hommage à la veine potagère de Philippe Hortala en 1996. Il imagine des fraisiers dont les radicelles empruntent aux enlacements du poulpe. Il construit des architectures de salades, de radis, de potirons soigneusement ordonnancés sur la toile.